Ce que la parentalité positive n’est pas

Parentalité positive, bienveillante, alternative, empathique… Beaucoup de façons différentes de nommer un accompagnement de l’enfant alternatif au modèle conventionnel qui a recours malheureusement parfois à des VEO (violences éducatives ordinaires). Pour certain-e-s, la « parentalité positive » est déjà dépassée, galvaudée, et de nouveaux concepts émergent encore, comme la parentalité cœur à cœur. Ce foisonnement de termes montre à quel point le sujet passionne et est au centre de vives débats. Et comme tout sujet brûlant, il n’échappe pas à quelques idées reçues. Je te propose ici 5 choses que la parentalité bienveillante (ou positive, ou alternative…) n’est pas. En en bonus, un de mes secrets d’accompagnement de l’enfant !

La parentalité bienveillante n’est pas du laxisme

Sous couvert de respecter les besoins et les émotions des enfants, certains parents abandonnent toute règle, et laissent une totale liberté aux enfants. Souvent, derrière un tel laxisme se cache une peur du parent de se confronter aux émotions de son enfant. Car elles peuvent être bruyantes et gênantes ces émotions ! Alors si l’on n’est pas bien équipé pour y faire face dans la bienveillance, et qu’on ne veut pas crier, bien souvent on laisse faire. Bien sûr, cela n’a rien à voir avec la parentalité bienveillante. Un enfant a besoin de règles pour savoir comment se comporter, il a besoin d’un cadre dans lequel évoluer en confiance, et il a besoin d’être entendu et compris pour se comprendre lui-même plus tard.

Alors, non, la parentalité bienveillante n’est pas une fabrique à enfant-roi (la critique était déjà adressée à Françoise Dolto. Je… ne… non, je ne sais même pas quoi dire).

La parentalité bienveillante n’est pas féliciter un enfant d’avoir dessiné sur le mur

« Bravo chéri-e, quel-le artiste tu es ! Mon mur est tellement plus beau comme ça ! ». C’est peut-être une idée que l’on peut avoir si on lit en diagonale un texte sur la parentalité positive. C’est d’ailleurs ce que j’avais cru la 1ère fois que j’en ai entendu parler.

Petite digression si tu veux bien : alors que j’étais enceinte de mon 1er enfant, et « pour rire » on avait lu un récit tiré d’un blog de parentalité positive qui racontait que lorsque son fils avait éventré le paquet de farine par terre, la maman l’avait félicité de son ingéniosité (ouvrir le placard et le paquet de farine) ; ou encore que quand sa fille avait fait une « crise » dans un supermarché, elle l’avait laissée hurler dans la voiture pour qu’elle se calme, puis la maman s’était excusée (de quoi, je ne savais absolument pas). Pour moi c’était risible. En fait, je n’avais pas compris la logique sous-jacente.

Il ne s’agit évidemment pas de féliciter son enfant qui a fait une bêtise. A mon sens, il y a deux choses à saisir. D’une part, s’il me semble aberrant de le féliciter pour quelque chose que je trouve inacceptable, il le serait tout autant de le punir pour une action qu’il ne maîtrise pas mais qu’en tant que parent, on aurait pu anticiper. Laisser un enfant de 2 ans sans surveillance avec des feutres et un canapé blanc… On sent la « bêtise » arriver non ?! Le livre d’Astrid Desbordes et Pauline Martin « Max et Lapin : La grosse bêtise » le raconte d’ailleurs très bien. D’autre part, il est surtout important, après coup, de lui proposer la bonne alternative (= lui fournir en quantité suffisante du papier, une table, des crayons et pas des feutres…). C’est beaucoup plus efficace que de crier, punir ou rabaisser son enfant (« tu es méchant », « tu seras privé de dessert »).

La parentalité bienveillante n’est pas un vide de règles

En aucun cas il ne s’agit donc de laisser l’enfant sans règles ni repères (cf. le point sur le laxisme). La liberté et l’autonomie laissées à l’enfant sont très importantes mais elles interviennent à l’intérieur d’un cadre prédéfini. Il est primordial d’expliquer clairement et simplement les règles à l’enfant, et cela (très) régulièrement, car il va les oublier ou ne pas réussir à contrôler son envie ou son geste déjà entamé dans sa tête (la capacité à retenir son geste n’intervient qu’à 3 ou 4 ans, quant au concept même de règle, avant 1 an ou 15 mois, il ne peut tout simplement pas le comprendre). C’est en répétant les règles (simples et pas trop nombreuses) qu’en grandissant il va s’en imprégner. Et bien sûr, en montrant nous-même l’exemple (ne pas mettre les pieds sur la table, mettre ses chaussons en arrivant à la maison, dire merci, parler doucement…).

La parentalité bienveillante : ni control freak …

Enfin, être bienveillant dans son accompagnement de l’enfant ne signifie pas qu’il faut tout contrôler autour de soi. Fournir un cadre propice à l’autonomie et à la convivialité, oui, mais la traque aux comportements déviants serait contre-productif, alors, on se détend ;-). Par exemple, lorsqu’un enfant a un comportement que tu trouves inacceptable (dire un juron, taper son frère), il peut être préférable de ne rien dire, et ne rien faire (oui, c’est dur). Si tu interviens, d’une part, ça va te mettre les nerfs à vif, et d’autre part, il y a de très grandes chances pour que ton enfant soit intrigué par ta réaction et recommence simplement pour te voir à nouveau froncer les yeux, sans compter qu’il a probablement parlé ou agi sans savoir ce que cela signifie et qu’une non-réaction de ta part lui fera oublier ce comportement (sauf s’il l’entend ou le voit à la maison).

La parentalité bienveillante : … ni freestyle

A l’opposé il ne s’agit pas non plus d’un freestyle total, bien au contraire, je pense avoir insisté sur ce point ;-). La clé de tout est l’anticipation. Bim, ça y est, un de mes grands secrets est révélé ! Anticiper tant les repas, que le ménage, les horaires, le rituel du soir, les situations « à risque » comme faire des courses en supermarché… permet de prévenir la plupart des conflits. Mais comme un conflit ou une crise finit toujours par arriver (parce que c’est la vie et qu’on ne peut pas tout prévoir), il existe heureusement des outils appropriés à chaque situation pour les résoudre avec bienveillance.

Donc, on anticipe un maximum ! Mais pour ne pas tomber dans un comportement de control freak, je te renvoie au point précédent…

Avec ces 5 « ce que n’est pas », j’aborde à ma manière la parentalité bienveillante pour la 1ère fois sur ce blog, peut-être en défaisant quelques idées reçues. Et toi, as-tu des a priori positifs ou négatifs sur la parentalité positive ? Crains-tu de la mettre en place par peur de faire de ton enfant un enfant-roi ? Penses-tu plutôt que la réciprocité et l’exemple sont le chemin à suivre : si je suis bienveillant avec mon enfant, il a plus de chances de le devenir à son tour envers lui-même et les autres ? N’hésite pas à me le dire en commentaire.

2 réflexions sur “Ce que la parentalité positive n’est pas”

  1. Voilà un article qui me réconcilie complètement avec la parentalité positive !!! Merci ! 😊👍 «Anticiper» et «proposer autre chose» sont des règles qu’on applique aussi à la maison. 😊👍

    Je comprends bien le concepte de ne pas toujours intervenir lors d’un comportement à nos yeux inacceptable. il ne faut pas forcément constamment tout relever (sinon c’est big brother !). Il est important aussi de laisser les enfants régler leurs affaires entre eux. Mais… 😊 il reste quand même essentiel pour moi que l’enfant connaisse bien les règles de vivre ensemble. Il risque dans le cas contraire de ne pas parvenir à s’adapter à la vie en groupe.
    Ce n’est pas évident de trouver le juste milieu…. 😐

    1. Oui, il est important que l’enfant connaisse les règles. Ça prend du temps, et il a le droit de les oublier et de ne pas réussir à les respecter du 1er coup. A nous de les répéter, souvent, au calme, et jamais sans jugement sur son comportement. 🙂

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