Comment quitter le parc sans cris ni pleurs ?

Partir du parc pour rentrer à la maison peut-être difficile pour les enfants (et les parents). Comment gérer au mieux ce moment de transition, dans le respect des émotions et des besoins de l’enfant ?

Aujourd’hui je te propose 5 clés pour quitter le parc (ou la plage, ou l’aire de jeu…) sans cris ni pleurs.

En tant que parent, nous jouons souvent le rôle de chronomètre : il est temps de manger, de prendre le bain, de se lever, de se coucher… de partir du parc. Nous avons en tête le déroulement de la journée telle qu’elle devrait à peu près se passer et quand c’est l’heure de rentrer du parc, et bien c’est l’heure et on ne veut pas passer 20 minutes, ou plus, à négocier avec notre enfant, à lui courir après et à l’attraper de force pour l’installer dans la poussette (toujours de force) (et si tu as déjà tenté de mettre un enfant qui se débat dans une poussette, tu sais de quelle galère je parle).

Ces moments de transition peuvent être une source de stress, tant pour l’enfant que le parent, qui peuvent même amener le parent à renoncer aux sorties ! Bien sûr, c’est dommage d’en arriver là, car un bol d’air frais fait du bien à tout le monde. Alors comment ne pas perdre le bénéfice de la promenade au parc ? Comment réussir à quitter le parc sans cris ni pleurs ?

Je te propose 5 clés très faciles à mettre en place, dès aujourd’hui, pour aider ton enfant à gérer au mieux ces moments de transition, dans le respect de ses émotions et de ses besoins 🙂

1. Anticiper et communiquer avec ton enfant

Une des clés d’évitement des conflits est l’anticipation et la communication. Même s’il est très jeune et qu’il n’a aucune notion du temps (il vit totalement dans le présent), ton enfant comprend qu’il y a un enchaînement des choses : d’abord on va au parc, puis on va manger, puis on va prendre le bain… Et d’ailleurs, l’enfant est très sensible au processus, beaucoup plus qu’au résultat (c’est pour ça que dire à un enfant de 2 ans : Allez, au lit ! se solde souvent par un refus catégorique, mieux vaut lui dire : pyjama, dents, histoire, câlin !).

Ainsi, si tu le préviens en amont que le parc ne va durer qu’un temps, il sera beaucoup plus disposé à en repartir, et ne sera pas dans l’incertitude. On ne communique jamais assez avec un enfant (pense cependant à utiliser des phrases simples).

2. Faire des rappels du moment du départ

Un peu avant de partir, par exemple 10 ou 15 minutes, avertis ton enfant que c’est bientôt l’heure. Puis, à intervalles réguliers, rappelle-lui que vous allez partir dans 10, puis 5, puis 2 minutes. Les cris de l’enfant au moment du départ proviennent souvent d’un stress : le parent décide qu’il est temps de rentrer, mais l’enfant n’a pas le temps de s’approprier cette information. Le cri de stress est très différent d’un cri de colère ou de refus. Le refus est ferme et statique : taper du pied, serrer les poings les bras le long du corps, le regard déterminé… Le stress est volubile : l’enfant crie, part en courant, gesticule, ne fixe pas son regard…

Petit aparté : Chez l’enfant, le stress provoque trois réactions principales : le figement, la fuite et l’attaque. Lorsque l’on crie sur un enfant, souvent, il se fige, ce qui est à tort interprété comme « du respect de l’autorité parentale », ou « il a compris qui commande ». C’est en fait une réaction de stress : l’enfant ne peut plus bouger, il est tétanisé. Il peut aussi fuir. Situation vécue : « Allez, vite, mets tes chaussures on doit partir on est en retard !! ». Réaction de ma fille : elle part en courant à l’autre bout de la maison : la fuite ! Enfin, l’attaque. Par exemple, si ton enfant se débat violemment et tape (par exemple au moment de l’installer dans le siège auto), demande-toi s’il n’est pas en situation de stress. Prendre son temps et en donner à ton enfant pour qu’il s’approprie les événements (surtout ceux qui le concernent !) permet en fait de gagner du temps par la suite. (Sans compter que le stress est dévastateur pour le développement des enfants. De n’importe qui en fait).

Il faut donc donner à ton enfant l’opportunité de comprendre que c’est bientôt l’heure de partir. Pour cela, tu peux aussi t’aider d’une aide visuelle : un timer avec couleur ; ou d’une aide sonore (les cloches de l’église qui sonnent…).

3. Donner envie à ton enfant de partir

Arrêter une activité qu’il adore (le toboggan) est très frustrant pour ton enfant. En outre, comme je l’ai dit plus haut, il est plutôt sensible au processus. Si tu lui dit : « Stop, tu arrêtes le toboggan, c’est l’heure de partir », il y a de fortes chances pour qu’il s’oppose. Par contre, si tu lui exposes la suite des choses, il va focaliser son attention non pas sur l’arrêt de son activité, mais sur la suivante. Par exemple, tu peux lui dire : « Allez, on va prendre le goûter ! ». En général, il va se mettre en route tout seul ! Tu peux aussi lui proposer de ramasser des trésors sur le chemin du retour, etc. Tout ce qui lui fait plaisir. Et tout cela sans prononcer les mots « On rentre ». Magique, non ?

4. Expliquer tes besoins et trouver un compromis

Tu as décidé de rentrer mais ton enfant s’amuse encore beaucoup. Toi, tu sais qu’il est l’heure de rentrer, car tu as déjà la suite de la journée en tête : préparer le dîner, donner le bain, préparer le sac pour le lendemain… mais ton enfant vit dans l’instant présent, il ne peut pas se projeter, et donc il ne peut pas comprendre l’urgence de la situation.

Dans ce cas, la communication est encore ton alliée. Tu peux lui expliquer, en termes simples, que la journée doit suivre son cours et que tu as envie de rentrer pour préparer le repas. Ensuite, tu peux chercher un compromis avec ton enfant : encore combien de tours de toboggan pour que tu sois prêt ? (Pour les plus jeunes, on propose très concrètement : Encore 0, 1 ou 2 tours de toboggan et on y va?) Responsabiliser un enfant, même très jeune, fait des miracles. Il se sent respecté et est plus à même de respecter tes besoins en retour.

5. Accompagner doucement par le contact physique

Si ton enfant ne semble toujours pas décidé à se mettre en route, tu peux communiquer en le touchant. Jamais brusquement bien sûr, mais un genou à terre, à sa hauteur, une main sur son épaule ou en prenant sa main, permet de le faire « redescendre sur terre », et de créer une véritable connexion avec toi.

Une fois que tu as son attention, tu peux l’inciter à parler (de ce qu’il aime le plus sur l’aire de jeu, de ce qu’il a mangé le midi…) et l’emmener tout doucement à marcher loin des distractions. Une fois en route et occupé par une conversation, le tour est joué !

Voilà mes 5 astuces pour que quitter le parc se fasse dans la sérénité. Prêt-e à les mettre en œuvre ?

1 réflexion sur “Comment quitter le parc sans cris ni pleurs ?”

  1. Martine à la plage

    Merci beaucoup pour ce rappel sur la communication et ces infos précieuses pour comprendre nos enfants! 😊

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