Le non du parent

Bien avant la « période du non » de l’enfant, il y a celle du parent, qui survient généralement lorsque l’enfant commence à se déplacer. Tu as peur qu’il se blesse et donc tu multiplies les interdits et les « non », fermes et sonores. Ce qui n’est pas sans conséquences 😉

D’abord, plus tu diras « non » à ton enfant et plus il sera amené à te le dire en retour dès qu’il en sera capable (ce qui constitue majoritairement ce que l’on appelle la crise des 2 ans, ou le terrible two). Par ailleurs, multiplier les interdits risque de développer une résistance de ton enfant, voire une défiance. Enfin, tu risques de rapidement te lasser de tenir le rôle du gendarme, face à un enfant dé-responsabilisé.

Comment arrêter de dire non à ton enfant ? Je te donne 5 clés pour y parvenir !

1) Distinguer le non de confort et le non de sécurité

Commence par te demander pourquoi tu interdis telle ou telle chose à ton enfant. S’agit-il de sa sécurité ? Son comportement heurte-t-il tes principes ? Penses-tu pouvoir lâcher du lest sur ces non de confort ? Tu verras que très vite, on apprécie de ne plus faire le gendarme. Tel un cercle vertueux, accorder plus de liberté à ton enfant lui donne confiance en lui et apaise les relations. Il n’a dès lors pas besoin de se défendre et sa propre période du non (la période d’affirmation de son individualité) se fera de manière beaucoup plus apaisée et rapide (mais elle se fera ! Et il est d’ailleurs primordial que ton enfant en fasse l’expérience).

2) Dire « Stop » plutôt que « non » pour arrêter une action risquée

Dans certains cas, il est nécessaire d’arrêter un comportement ou une action qui est (potentiellement) dangereuse pour ton enfant (car il n’a pas la même notion du danger que toi). Par exemple, si ton enfant marche devant toi sur le trottoir et qu’il risque de ne pas s’arrêter et de traverser la rue, tu peux intervenir. À ce moment, tu peux lui dire Stop et tendre la main ouverte, paume vers lui (s’il te regarde, sinon… aucun intérêt 🙂 ).

D’une part, dire « stop » permet tout de suite à ton enfant de comprendre ce qui est attendu de lui (le « non » maintient l’enfant dans la confusion, il ne sert pas à le stopper). D’autre part, le message corporel est totalement différent entre « non » (sourcils froncés, visage fermé et index fermement levé et menaçant) et « stop » (yeux grands ouverts et main tendue). Le message (non verbal) que tu donnes alors est différent : d’un côté, on réprimande l’enfant lui-même avec une attitude menaçante et autoritaire, de l’autre on exprime un interdit sans menace ou jugement de l’enfant.

3) Mettre en place des règles simples et en petit nombre

Les règles de la maison devraient être peu nombreuses, simples à comprendre et adaptées à l’âge de ton enfant. De manière générale, plus il y a de règles et moins l’enfant a envie de coopérer. Cela s’explique par le fait qu’il se sent étouffé par les règles et qu’il ne peut pas toutes les retenir et encore moins les appliquer. Alors conserve celles qui te paraissent indispensables et fais en sorte de les rendre très faciles à comprendre. Et n’oublie pas de proposer des alternatives aux interdits (voir point suivant).

4) Donner des alternatives et formuler par la positive

« Ne joue pas avec ta nourriture » a pour effet de donner envie à ton enfant de jouer (d’ailleurs pour lui, il ne s’agissait pas d’un jeu mais d’une découverte des textures…). Tu peux par contre lui rappeler que « la nourriture va dans la bouche ».

Le bambin n’a pas la capacité de comprendre la négation ni de la traiter. Il va entendre « jouer » et « nourriture »… Donc plutôt que de formuler par la négative, rappelle positivement la règle (reste à côté de moi sur le trottoir) et offre lui des alternatives et des ressources pour « bien faire », il ne demande que ça !

5) Donner l’exemple et accorder à l’enfant le droit à l’erreur

Tu ne veux pas que ton enfant parle la bouche pleine ? Donne l’exemple. Le premier canal d’apprentissage de ton enfant est l’imitation. C’est par l’imitation qu’il est amené à marcher, à parler… et à manger la bouche fermée. Néanmoins, ne t’attends pas à des résultats immédiats, ton enfant va devoir s’exercer pour réussir à appliquer la règle. Il a le droit à l’erreur !

Le jeune enfant apprend par ses expériences sensorielles, notamment par le toucher. Il est donc probable qu’il réitère une action interdite simplement pour vérifier que c’est interdit. A chaque fois, ton rôle est de l’accompagner avec bienveillance en lui confirmant que c’est un interdit (oui, même la 50ème fois qu’il touche la télévision en te regardant, ce n’est pas un défi, c’est une demande de confirmation !)

Avec ces 5 clés, tu verras très vite les résultats, l’habitude de dire Stop vient rapidement ! Ton enfant sera à son tour moins incité à te dire Non à chaque question (ou même pas à une question d’ailleurs. Moi : « Ouah, le soleil brille aujourd’hui » . Sa réponse : « Non » . Sans commentaire. Oui, c’est du vécu.). Et enfin, le « non » va retrouver sa vraie signification pour toi et tes enfants : apporter une réponse négative à une question, tout simplement !

Comment as-tu traversé ta propre période du non en tant que parent ? Ou es-tu en plein dedans ?

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