Avoir un 2ème enfant : les erreurs que je ne commets plus, et celles que je n’ai pas vues venir ;-)

Lorsque naît le 2ème enfant, on est déjà plus un (trop) jeune parent, on a de la bouteille et on est en général plus sûr de nous.

Ah oui ? Pas tout le temps, car avec un 2ème enfant, c’est toute la configuration de la famille qui change : passe d’un « simple » trio à une famille avec une fratrie.

Dans mon cas, l’arrivée de ma fille aînée est passée de manière extrêmement fluide et simple, sans (trop) de stress. J’ai fait partie de ces mamans pour qui « c’est facile ». Bien sûr, j’ai fait des erreurs et j’ai stressé parfois pour rien. Mais j’ai appris de mes erreurs. Ça m’a permis de mettre en place plein d’automatismes. C’est ce dont je te parle aujourd’hui.

Si l’arrivée de mon 1er enfant s’est faite les doigts dans le nez (passe-moi l’expression ;-)), la naissance de ma 2nde fille a été un tsunami et de nombreuses nouvelles situations que j’ai personnellement trouvées très stressantes sont apparues. Je t’en parle aussi.

1. Les erreurs (de débutant-e) que je ne commets plus avec un 2ème enfant

Moi, navigant sereinement avec mon enfant, sur ma parentalité.

Faire un discours quand une petite main s’apprête à taper de colère

Pourquoi ? Parce que mon enfant est sous le coup d’émotions fortes et il n’entendra rien de ce que j’ai à lui dire. Il vaut mieux attendre qu’il se calme pour débriefer à froid (comme avec un adulte en fait)

Ce que je fais : j’arrête doucement le mouvement comme si de rien n’était (je n’immobilise pas la main, je le repousse simplement, 10 fois d’affilée s’il le faut)

 

Faire un discours moralisateur à propos d’un comportement inacceptable

Pourquoi ? Revenir sur le négatif a l’effet inverse que celui désiré (qui est de faire disparaître le comportement qu’on estime inacceptable), car cela met au contraire de l’emphase dessus. Et c’est bien sûr encore pire si on emploie un « message tu » : tu es méchant, tu m’as fait mal, tu parles trop fort…

Ce que je fais : Je fais quelque chose de dingue et que beaucoup de personnes oublient fréquemment de faire : je souligne le positif. A force de souligner les comportements acceptables, l’enfant sera incité à les répéter. Précision : pas de « message tu » non plus (tu es gentil…), que des « messages je » (voir une maison rangée me rend sereine)

 

Le prendre personnellement si elle ne touche pas à son assiette

Pourquoi ? Parce qu’un enfant qui ne mange pas est un enfant qui n’a pas faim (à répéter chaque jour).

Ce que je fais : Je lui demande (une fois) si elle a terminé de manger et si elle me réponds oui je débarrasse son assiette, sans faire de commentaire. Et je lui propose normalement son dessert.

Je fais un petit aparté sur ce point car c’est celui qui m’a demandé le plus de travail sur moi-même avec ma fille aînée. L’allaitement s’est très mal passé et j’ai très (très) mal vécu l’arrêt forcé de l’allaitement, pour moi c’était un échec dans mon rôle de mère nourricière. J’ai mis très longtemps à faire mon deuil de cet échec et tant que je ne l’avais pas fait, ma fille « refusait de manger ce que je lui cuisinais alors qu’elle mangeait tout le reste ». Je ne la forçais pas au sens où je ne lui enfonçais pas de force une cuillère dans la bouche mais j’ai fini plus d’un non-repas à m’isoler pour pleurer. Clairement la situation était invivable. Quand j’ai arrêté de stresser (je le dis comme ça mais le processus a bien sûr été plus complexe et long), ma fille a t-elle comme par magie mangé plus du jour au lendemain ? Non. Mais je n’avais plus aucun stress ni peur qu’elle manque de quelque chose. La différence est énorme.

 

Tenter de la convaincre que pour changer sa couche elle doit être allongée

Pourquoi ? Il n’y a que les non-parents pour penser qu’une couche se change sur une table à langer avec un bébé allongé jusqu’à ses 2 ans (je le dis sans aucune méchanceté bien sûr)

Ce que je fais : comme chez tout le monde, ma fille est debout par terre (allez, parfois debout sur la table à langer – n’appelez pas les services sociaux svp je reste à côté d’elle).

 

Être effrayée par un pleur et vouloir le faire cesser tout de suite par tous les moyens

Pourquoi ? Parce que j’ai appris que pleurer est le seul moyen de communication d’un tout petit bébé (ah bon ?) et qu’il y en a de différents types : tous les pleurs n’ont pas vocation à être stoppés à tout prix.

Ce que je fais : D’abord, je décode le pleur bien sûr. Ensuite, je réponds au besoin à l’origine du pleur : manger, boire, dormir, jouer, changer la couche. Et parfois, par exemple dans les pleurs de décharge après une journée intense, je reste à côté de mon enfant en lui assurant de ma présence et qu’il a le droit de pleurer, de crier, de décharger toutes ses tensions, et que je reste à côté, dans une posture bienveillante et empathique (pas question de simplement rester à côté avec un visage impassible, il faut de la véritable empathie).

2. Les automatismes bien présents après un 1er enfant

Après un 1er enfant, c’est dingue les progrès que l’on fait en tant que parent 🙂

Gérer un terrible two avec humour

Précision : quand je dis humour, je ne veux pas dire me moquer de mon enfant (je préfère préciser). Je veux dire que je connais très bien les mécanismes qui poussent l’enfant à « s’opposer » et que j’accueille avec légèreté (mais pas négligence) et humour (mais pas moquerie) les désirs d’autonomie et d’indépendance (parfois absurdes à nos yeux de parents) de mes filles.

Cas pratique : Jamais oh grand jamais je ne leur ferai l’affront d’ouvrir un yaourt avant de le poser devant elles sur la table 🙂

Changer une couche avec un enfant debout

Cf le point précédent.

Improviser des jeux à tout moment de la journée

Pourquoi ? Parce que par le jeu et l’humour, tout ou presque est toujours plus facile

Le must du moment : au moment de mettre le pyjama : courir dans toute la maison puis enlever son pantalon ; courir dans toute la maison puis enlever son t-shirt, courir dans … Si tu es parent, tu sais qu’au final il se s’agit pas du tout d’une perte de temps mais d’un gain considérable 🙂 Parce qu’obliger un enfant à mettre un pyjama s’il ne le veut pas. Comment dire…

Prioriser les choses dans ma vie, l’assumer et en être satisfaite

Comment ? Accepter que l’on ne peut pas tout faire et déléguer tout ce qui peut l’être.

Par exemple : Servir des biscuits apéro aux invités plutôt que des feuilletés fait-maison, et de la glace de supermarché en dessert plutôt qu’un gâteau maison, et ne pas faire un sourire gêné en s’excusant 🙂

Accueillir les cris en gardant mon calme

Ok, 80% du temps environ. Parfois je suis moi-même à bout. Dans ces cas-là, je délègue au papa s’il est dans le coin. Sinon, je sors un joker : je m’isole pour me calmer moi-même et je reviens après (je me suis bien sûr assurée que ma fille est en sécurité avant de quitter la pièce).

Comment faire ? Ça mériterait un plus long développement bien sûr mais l’idée simple est de toujours se rappeler qu’un enfant qui crie est un enfant qui souffre d’un besoin non satisfait. En se concentrant sur les besoins de son enfant plutôt que sur le bruit, on réussit beaucoup mieux à garder son calme

3. Les situations stressantes que je n’ai pas vu venir avec un 2ème enfant

Tiens, un orage. Je l'ai pas vu venir celui-là.

Comme je le disais plus haut, c’est l’arrivée de ma 2nde fille, 18 mois après la 1ère, qui s’est révélée être le plus grand défi de ma parentalité (jusqu’à présent en tout cas). Je précise que ça n’a rien à voir avec ma fille en elle-même (elle est née en parfaite santé, sans aucun problème particulier à l’horizon). Voici donc mes plus grands challenges de maman d’une fratrie de 2 filles.

Les effets d’entraînement

Qu’est-ce que c’est ? Quand un enfant crie, l’autre l’imite, idem pour les pleurs et toutes les émotions (bien sûr ça me pose moins de problème quand c’est le rire…)

J’étais pas prête 🙂 Inutile de dire à mon aînée (qui n’avait que 18 mois, donc encore un bébé bien sûr) de ne pas pleurer quand sa sœur pleurait, elle ne pouvait ni comprendre ni contrôler ses émotions

Et alors quand c’est la nuit, que les 2 te réclament et que tu es seule, c’est le boss de fin. Quel feu éteindre d’abord : celui de l’aînée qui logiquement sera plus rapide, mais ça oblige la plus jeune à patienter (inconcevable de « faire patienter » ma fille de quelques mois à peine) ; ou est-ce que je vais d’abord rendormir la plus jeune et laisser la plus grande seule avec son désarroi ?

Gérer des besoins différents en même temps

Mes 2 filles avaient (et ont toujours) besoin d’attention au même moment, mais genre pas un grand câlin collectif, ça serait trop simple. Des besoins différents. Et à leur âge, il était complètement impossible pour elles de différer dans le temps leurs besoins.

Les câlins trop musclés de l’aînée

C’est super, elle veut faire des câlins à sa petite sœur, mais elle est bien en peine de contrôler sa force et son excitation. Un câlin qui se termine en larmes est un crève-cœur pour tout le monde.

Maintenant qu’elles ont respectivement 2 et 3,5 ans, le problème s’inverse, c’est la plus jeune qui fait parfois des câlins trop musclés, ou qui tape sa sœur (tu sais, les tapes amicales qui traduisent une envie de contact et de jeu mêlée à beaucoup d’excitation), mais… qui restent des tapes…

Que je rassure les parents qui vont avoir un 2ème enfant, toutes ces nouvelles situations se résolvent évidemment. Il suffit de trouver un nouveau rythme, à 4. Je ne cache pas que perso, ça m’a pris plusieurs mois 😉

4. Paragraphe bonus : les retombées positives d’un 2ème enfant que je n’avais pas anticipées

C'est souvent après une tempête et avec des nuages que les couchers de soleil sont les plus beaux 😉

Allez, un petit paragraphe bonus pour terminer sur une note positive. Je ne parle même pas du surplus d’amour ressenti car ça je l’avais totalement anticipé 😉

Ma cadette a toujours quelqu’un avec qui jouer, recevoir un câlin, même si je ne suis pas dispo tout de suite

Que ça soit clair, je n’ai jamais obligé mon aînée à s’occuper de sa sœur à ma place. Mais très spontanément, ma fille aînée a voulu jouer avec sa sœur, lui lire des histoires… Et ça c’est génial car ça te permets de boire un café chaud en les regardant toutes les 2 jouer ensemble.

Maintenant qu’elles sont « grandes » (lol), je peux même me reposer sur le canapé pendant qu’elles jouent ensemble.

Les fous-rires contagieux entre elles 2

Magnifiques. Les enfants sont naturellement de bonne humeur et elles se communiquent leur bonne humeur et leurs blagues entre elles.

L’entraide spontanée

Servir un verre d’eau à sa sœur, ranger sa serviette, l’aider à faire un puzzle, lui lire une histoire…

Quand je ne suis pas dans la pièce et qu’elles se retrouvent donc seules entre elles, c’est souvent là que les plus beaux moments arrivent (et j’ai souvent une oreille qui traîne pour en être un témoin discret, mais je sais qu’elles ont déjà leur propre jardin secret).

Décrypter les besoins quand je n’y arrive pas

Quand parfois je n’arrive pas à comprendre ma fille la plus jeune (souvent parce que je n’ai pas la patience de réellement écouter), mon aînée réussit presque toujours à décrypter le besoin et soit à le satisfaire (resservir en riz, lui donner le crayon bleu clair et pas le bleu foncé…) soit à me dire ce qu’il se passe (je crois qu’elle n’aime pas son t-shirt)

Voilà quelques-unes des véritables surprises que j’ai eues en devenant maman d’un puis de 2 enfants.

Et toi, quelles ont été tes plus grandes surprises ?

Si tu as plus de 2 enfants, ça m’intéresse énormément si avec le 3ème il y a encore beaucoup de ces « situations nouvelles » ?

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